Pour s’orienter vers une carrière dans les technologies médicales en France, plusieurs parcours de formation initiale sont possibles et adaptés à la diversité de ce secteur en pleine croissance. Ces cursus, alliant technicité, rigueur scientifique et ouverture à l’innovation, permettent d’accéder à une grande variété de métiers, depuis la recherche et le développement jusqu’aux fonctions réglementaires, commerciales ou de maintenance. Voici les points essentiels à retenir pour comprendre les voies d’accès à ce domaine :
  • Le secteur recrute principalement des diplômés de filières scientifiques (bac S, bac STL pour Sciences et Technologies de Laboratoire) puis des titulaires de BTS, DUT/BUT, licences professionnelles ou masters en biologie, électronique, informatique, biomédical, etc.
  • Les écoles d’ingénieurs spécialisées (biomédicales, électronique, informatique…) ouvrent des débouchés variés, de la R&D à la gestion de projets.
  • Des cursus universitaires liés à la santé (médecine, pharmacie, biologie, chimie, physique médicale) mènent aussi à des postes dans l’innovation, la recherche clinique et la gestion de dispositifs médicaux.
  • Des formations spécifiques, telles que le diplôme de technicien en dispositifs médicaux ou les licences professionnelles biomédicales, préparent aux besoins concrets du secteur.
  • La dimension réglementaire et internationale du secteur invite également à compléter ses études avec des doubles cursus ou des spécialisations en droit, en affaires réglementaires ou en commerce international.

Pourquoi les formations initiales sont-elles cruciales dans les medtech ?

Entrer dans l’univers des technologies médicales, c’est plonger au cœur d’innovations qui doivent combiner performance, sécurité et réglementation stricte. En France, les industriels du dispositif médical, de la robotique chirurgicale ou du diagnostic in vitro recherchent des profils techniquement affûtés, capables de s’adapter à des environnements évolutifs. Les formations initiales structurent cette base essentielle : elles inculquent les méthodes scientifiques, la compréhension des normes (ISO 13485, marquage CE…), l’ouverture à l’innovation… et elles assoient la légitimité et la crédibilité de candidatures dans ce secteur réglementé.

Des bacs scientifiques à privilégier pour bien démarrer

Avant même l’entrée dans le supérieur, le choix du baccalauréat oriente déjà vers les secteurs technologiques de la santé. Deux voies sont particulièrement reconnues :

  • Baccalauréat général, spécialité scientifique : Les matières telles que mathématiques, physique-chimie, SVT sont des atouts majeurs pour envisager des études en ingénierie biomédicale ou en santé. La réforme du bac permet de combiner ces spécialités.
  • Baccalauréat STL (Sciences et Technologies de Laboratoire) : Cette filière, moins généraliste, séduit les entreprises par la technicité de ses titulaires, aptes à maîtriser rapidement des équipements complexes.

Ces choix facilitent par la suite l’accès aux filières exigeantes : écoles d’ingénieurs, licences de sciences du vivant, BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) ou BTS spécialisés.

Zoom sur les principales formations du supérieur menant aux medtech

BTS, DUT/BUT et licences professionnelles : l’efficacité opérationnelle, rapide et recherchée

  • BTS Électronique, BTS Informatique, BTS Électrotechnique Ces diplômes de niveau bac+2 forment des techniciens très appréciés dans la maintenance, le contrôle qualité, le déploiement de dispositifs médicaux ou la digitalisation des hôpitaux. Près de 60% des recrutements de techniciens biomédicaux en hôpital ou dans l’industrie proviennent de ces filières (source : ANAP).
  • BUT Génie biologique, BUT Génie électrique et informatique industrielle (ex-DUT) Ces formations (bac+3) offrent une approche polyvalente, alliant théorie, projets pratiques et stages longs, prisée par les start-ups et acteurs industriels des medtech.
  • Licences professionnelles santé, biomédical ou dispositifs médicaux D’une durée d’un an, elles sont proposées sur tout le territoire et plébiscitées pour leur adaptation directe aux besoins du secteur : réglementation, maintenance, assurance qualité, gestion de projet, affaires réglementaires…

Les écoles d’ingénieurs : tremplin pour la R&D, la production et la gestion de projet

Ce sont les diplômes phares pour s’insérer dans les domaines high-tech du dispositif médical, du diagnostic, de l’imagerie, de l’intelligence artificielle médicale :

  • Écoles d’ingénieurs généralistes (INSA, Polytech, Centrale, Mines…) proposant une spécialisation en 3e année (biomédical, systèmes embarqués, informatique santé, etc.).
  • Écoles d’ingénieurs spécialisées biomédicales telles que l’ESME Sudria, Polytech Sorbonne, Sorbonne Université, ou encore UTC Compiègne avec leur filière Ingénierie de la santé.
  • Grandes écoles d’informatique (EPITA, ECE, ENSIIE, Télécom…), ouvrant vers la digitalisation des parcours de soin, la sécurité des données de santé, le développement de logiciels médicaux.

À noter : les entreprises du secteur plébiscitent les doubles compétences (ingénierie + management, ou ingénierie + droit de la santé/affaires réglementaires).

Université : des parcours fondés sur les sciences du vivant et de la santé

Les universités offrent une multitude de parcours adaptés aux évolutions du secteur :

  • Licences puis masters Sciences de la vie, biologie, biomédical, chimie, physique médicale : on y développe une expertise recherchée dans la recherche fondamentale, l’analyse biologique, le contrôle qualité, la réglementation ou l’évaluation clinique.
  • Cursus de médecine et pharmacie : nombre de médecins, pharmaciens ou internes intègrent l’industrie du dispositif médical ou la recherche médicale (par exemple : responsable affaires médicales, directeur essais cliniques, chef de projet innovation).
  • Licences et masters professionnels en dispositifs médicaux, réglementaires ou management technologique : collaboration étroite avec les industriels et nombreux stages en entreprise.

Certaines universités, comme l’Université de Paris Cité ou l’Université de Montpellier, sont réputées pour leurs parcours « Sciences pour la santé » ou leurs Masters spécialisés en Innovation biomédicale.

Des cursus courts pour répondre à la forte demande de techniciens biomédicaux

Le diplôme de Technicien Supérieur en Dispositifs Médicaux, proposé par des écoles spécialisées et des Greta (formation continue, mais parfois accessible en alternance dès post-bac), forme directement à la maintenance, l’installation et la conformité des équipements utilisés dans les hôpitaux et cliniques. Les établissements publics de santé mais aussi les entreprises privées recrutent ces profils en nombre : la Fédération Hospitalière de France estime à plus de 3 000 le nombre de postes de techniciens biomédicaux à pourvoir chaque année.

Zoom sur les secteurs « chauds » : où les recrutements sont-ils les plus dynamiques ?

  • Imagerie médicale et dispositifs connectés : Les entreprises (Siemens Healthineers, GE Healthcare…), start-ups et sociétés de téléconsultation recrutent massivement ingénieurs, data scientists, techniciens pour développer et entretenir IRM, scanners, outils de télémédecine.
  • Intelligence artificielle appliquée à la santé : Data analysts, développeurs IA, spécialistes cybersécurité santé sont en pénurie au niveau national (source : Direction Générale de l’Offre de Soins).
  • Biotechnologies et diagnostic in vitro : Recherche & développement, production, contrôle qualité… Les formations universitaires et d’ingénieurs spécialisées en biologie, génie des procédés ou bio-informatique y conduisent directement.
  • Management de l’innovation, affaires réglementaires : Les doubles cursus ou les masters spécialisés (par exemple à l’ESCP ou via des DU) permettent de piloter les projets innovants qui traversent la frontière entre technologie et santé publique.

Les compétences transversales à intégrer dès la formation initiale

Au-delà des compétences techniques, le secteur des technologies médicales réclame :

  • Rigueur scientifique, capacité d’analyse des protocoles et recherches cliniques
  • Maitrise de la réglementation, du marquage CE aux normes ISO
  • Anglais professionnel (70% des offres d’emploi en medtech le mentionnent)
  • Capacité à travailler en équipes pluridisciplinaires (ingénieurs, médecins, commerciaux…)
  • Appétence pour l’innovation continue et la formation tout au long de la carrière

De plus en plus de formations proposent des modules d’ouverture, des stages à l’international ou des enseignements croisés (ingénierie + santé + soft skills).

Quelques filières + établissements reconnus en France

Voici un tableau récapitulatif de quelques cursus et établissements phares pour s’insérer dans le secteur des technologies médicales :

Type de cursus Établissement / Mention Débouchés principaux
BTS Électronique/Électrotechnique Lycées techniques publics ou privés Technicien de maintenance, installation médicale
BUT Génie biologique / Génie électrique IUT (ex : IUT Lyon, IUT Paris Cité) Assistant ingénieur, R&D, contrôle qualité
École d’ingénieurs biomédical, biotech UTC Compiègne, Polytech, ESME Sudria Ingénieur R&D, production, gestion de projet
Licence / Master sciences pour la santé Université de Paris, Université de Montpellier Recherche, évaluation clinique, affaires réglementaires
DU / Master affaires réglementaires santé ESCP, Université Grenoble Alpes Responsable affaires réglementaires, veille normative
Diplôme technicien biomédical Greta, écoles technologiques spécialisées Technicien biomédical en hôpital, clinique, entreprise

Se préparer à un secteur en mutation rapide

Le secteur des technologies médicales n’a jamais été aussi porteur en France, notamment avec le vieillissement de la population, le déploiement du numérique en santé, la montée en puissance de l’IA et la production locale de dispositifs médicaux. Selon le SNITEM, plus de 90 000 emplois directs sont portés par la medtech en France, dont un tiers dans la R&D et l’innovation.

Réussir son entrée dans ce secteur repose sur une formation initiale solide, adaptée aux postes visés, mais aussi évolutive – les parcours professionnels sont souvent jalonnés de reconversions, spécialisations post-bac+3, VAE ou Masters. L’appétit pour l’innovation, la rigueur, le sens de l’éthique et la volonté de se former tout au long de la vie sont les véritables moteurs d’une carrière réussie dans la medtech.

Oser se lancer dans ce secteur, c’est s’ouvrir à un avenir professionnel où chaque innovation a un véritable impact sur la santé et la qualité de vie des patients. Avec la bonne formation initiale, les portes des technologies médicales françaises sont grandes ouvertes, pour les jeunes talents comme pour les professionnels en quête de sens.

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