Pour travailler dans les technologies médicales en France, la diversité des parcours universitaires et des écoles permet de s'adapter à des profils variés, qu'ils soient scientifiques, techniques ou orientés vers la santé. Les choix de formation vont des licences universitaires à dominante scientifique jusqu’aux écoles d’ingénieurs spécialisées, sans oublier les formations paramédicales ou encore les doubles cursus ingénieur-médecin. Parmi les atouts majeurs, une spécialisation dès le master et une solide expérience de terrain, souvent acquise via les stages, constituent de véritables tremplins vers l’innovation médicale. Il est également crucial de sélectionner des programmes accrédités par la CTI ou reconnus par l’État, car ces labels sécurisent l’employabilité. Les évolutions récentes du secteur et la montée en puissance des medtech favorisent les profils polyvalents, à l’aise autant avec la biologie qu’avec l’informatique, et capables de dialoguer avec des professionnels de la santé, des chercheurs comme des start-upers.

Pourquoi la formation est un levier clé dans le secteur medtech ?

Au croisement de la santé, de l’ingénierie, et du numérique, les technologies médicales exigent une maîtrise de plusieurs disciplines et la capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire. La réalité du terrain : des besoins grandissants en profils capables de faire dialoguer des domaines aussi différents que l’intelligence artificielle, les sciences du vivant, ou l’électronique.

  • La complexité réglementaire des dispositifs exige des connaissances spécifiques et actualisées (MDR européen, marquage CE…)
  • L’innovation rapide impose une veille scientifique constante et la capacité de se former tout au long de sa carrière
  • Les attentes du marché favorisent les cursus alliant pratique et théorie, notamment via l’alternance ou les stages longs

Investir dans une formation pertinente, c’est aussi poser les bases d’une employabilité solide, avec des taux d’insertion qui frôlent les 90 % (source : enquête CDEFI sur l’emploi des ingénieurs, 2023) dans les métiers les plus en tension du secteur.

Études universitaires : le tremplin scientifique vers l’innovation médicale

L’université demeure un point d’entrée majeur pour qui souhaite aborder la medtech par la biologie, la physique, la chimie ou l’informatique appliquée à la santé. Certains parcours sont particulièrement reconnus :

  • Licence Sciences pour la Santé : biologie, physiologie, santé publique, avec ouverture possible en deuxième ou troisième année vers les biotechnologies médicales
  • Licence Physique-Chimie ou Licence Sciences de la Vie : excellente base pour des masters orientés biomédical ou ingénierie de la santé
  • Licence Informatique, parcours santé digitale : pour ceux qui souhaitent s’orienter vers la e-santé, la modélisation, ou le biomédical numérique

Le « parcours idéal » consiste souvent à intégrer ensuite un Master Sciences, Technologies, Santé avec mention Ingénierie de la Santé, Biotechnologies ou encore Technologies Biomédicales. Des universités comme Paris Cité, Lyon 1 ou Strasbourg se distinguent par la qualité de leurs formations (voir les classements Eduniversal et Les Échos START).

Les universitaires profitent généralement d’un tremplin vers la recherche, l’ingénierie (en intégrant parfois des écoles sur dossier en master) ou la R&D dans l’industrie. Les débouchés : chef de projet innovation, ingénieur R&D, data analyst santé, ou encore chargé d’études cliniques.

Les écoles d’ingénieurs : l’excellence technologique au service de la santé

La France abrite plusieurs écoles d’ingénieurs leaders dans le secteur biomédical. Ces écoles offrent une approche technique de haut niveau et des liens puissants avec les entreprises.

  • Liste non exhaustive des écoles proposant un cursus biomédical ou medtech reconnu :
    • UTC Compiègne (biomédical, génie biologique)
    • Polytech (Marseille, Grenoble, Clermont-Ferrand, Lille…)
    • CentraleSupélec (options santé, IA médicale…)
    • ISIFC Besançon, HEI Lille, Mines Saint-Étienne
    • ENSEA avec son parcours électronique biomédicale

L’admission se fait souvent via les classes préparatoires (CPGE), cursus post-bac, ou admission parallèle après un BUT (ex-DUT) : le BUT Génie Biologique option ABB (Analyses Biologiques et Biochimiques) ou BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle étant plébiscités.

Un atout des écoles : la possibilité de choisir une spécialisation en 3e année (dispositifs médicaux, imagerie, robotique chirurgicale, IA santé…), ainsi qu’une forte dimension pratique (stages, alternance, projets industriels).

Formations paramédicales spécialisées : l’expertise appliquée

Les profils issus du paramédical se taillent une place de choix dans l’écosystème medtech, grâce à leur connaissance du terrain et des besoins cliniques réels. Des cursus sont dédiés à l’ingénierie biomédicale ou à la maintenance des dispositifs :

  • BTS Électrotechnique ou BTS Systèmes Numériques (orientation biomédicale possible dans certains établissements partenaires)
  • Licence Professionnelle ou BUT Maintenance des Systèmes (option biomédical) : permet d’évoluer vers technicien supérieur, conseiller technique, ou responsable maintenance en hôpital ou entreprise biomédicale

Le secteur hospitalier et les entreprises de dispositifs médicaux recrutent de plus en plus ces techniciens spécialisés, notamment dans l’intégration de matériel connecté, la formation des équipes médicales, ou l’assurance qualité.

Doubles cursus ingénieur-médecin et nouveaux métiers hybrides

Les frontières entre santé et technologie s’amenuisent : les doubles cursus fleurissent pour répondre à la demande de profils capables de comprendre et de concevoir. Deux exemples notables :

  • Diplôme d’Ingénieur-Médecin : accessible dans certaines universités et grandes écoles (Polytechnique, Sorbonne Université…). Récemment, plusieurs UFR ont créé des parcours bi-cursus, science et médecine.
  • Master Santé Publique/Data Science ou Mastère Spécialisé e-santé

À la clé : des carrières tournées vers la gestion de projets de transformation hospitalière, la conception d’algorithmes d’aide au diagnostic, ou l’accompagnement du changement dans les établissements de santé.

Focus sur les nouveaux profils recherchés et compétences clés

Le marché des medtech évolue vite. Outre les compétences du socle initial (biologie, électronique, informatique…), les employeurs recherchent activement :

  • Des compétences en gestion de projet et réglementaire : maîtrise des normes ISO 13485, du marquage CE, du RGPD santé (voir SNITEM, ANSM)
  • La culture du numérique et de la protection de la donnée de santé
  • Une forte appétence pour l’innovation agile, le travail collaboratif, et la communication avec le corps médical

L’expérience sur le terrain (stages longs, alternances, participation à des hackathons) fait très souvent la différence à l’embauche.

Choisir la bonne spécialisation : conseils pratiques

  • Se renseigner sur la notoriété et l’accréditation des parcours (CTI pour les ingénieurs, HCERES pour les masters universitaires)
  • Privilégier les programmes qui incluent un stage obligatoire ou une immersion industrielle
  • Participer à des salons comme celui du SNITEM, ou consulter les offres de stage/emploi pour valider l’adéquation entre aspiration et besoins du marché
  • Dialoguer avec des professionnels, via les réseaux (LinkedIn, Medinjob) ou les associations d’anciens élèves

Trouver sa voie, entre enthousiasme technologique et mission santé

Le secteur des technologies médicales en France a ceci d’exaltant : il offre autant de chemins qu’il y a de profils curieux, rigoureux et ouverts à l’interdisciplinarité. La réussite y repose sur un double socle : une formation solide, adaptée aux besoins en perpétuelle évolution des entreprises, et l’envie de participer, à son échelle, à l’amélioration concrète du soin. Entre université, école d’ingénieur ou filière appliquée, chaque choix se construit à la lumière des talents individuels… mais aussi des rencontres et de l’expérience acquise tout au long du parcours.

Pour celles et ceux qui rêvent d’innovation en santé, le vrai défi (et le vrai bonheur) est de ne jamais cesser d’apprendre, d’expérimenter, et de s’engager. L’avenir appartient à ceux qui regardent la médecine et la technologie avec les mêmes yeux grands ouverts.

En savoir plus à ce sujet :