La formation pour devenir ingénieur en technologies médicales en France se distingue par la richesse et la diversité de ses parcours, répartis entre universités, écoles d’ingénieurs, cursus spécialisés post-bac et passerelles pour profils scientifiques. Voici une synthèse indépendante des éléments essentiels :
  • Les écoles d’ingénieurs proposent des spécialisations biomédicales accessibles après une prépa scientifique ou concours post-bac.
  • Les universités offrent des parcours de Licence-Master en génie biomédical, souvent axés sur la recherche et l’innovation.
  • Des diplômes d’ingénieur généralistes complétés par des cursus de spécialisation ou doubles diplômes existent aussi, favorisant une approche pluridisciplinaire.
  • L’accès aux formations exige d’excellentes bases en mathématiques, physique, biologie et motivation pour le secteur médical.
  • Les stages, projets et alternances en entreprise ou secteur hospitalier sont incontournables pour se professionnaliser.
  • Le secteur recrute près de 2 000 ingénieurs biomédicaux par an, avec des perspectives de carrière dynamiques (Ministère de l’Éducation nationale, Syntec-Ingénierie).
Ce panorama s’adresse à tous ceux qui souhaitent bâtir une solide expertise en ingéniérie biomédicale, dans un domaine en pleine expansion technologique et humaine.

L’ingénierie en technologies médicales : des compétences très ciblées, une formation exigeante

L’ingénieur en technologies médicales est au cœur de l’innovation en santé. Son rôle va bien au-delà de la conception d’appareils : il intervient dès la phase R&D, gère l’industrialisation, le suivi réglementaire, organise le déploiement des solutions dans les hôpitaux, et peut former les utilisateurs (soignants, patients). Pour exercer, il faut composer avec deux univers : l’exigence scientifique (maths, physique, informatique, biologie) et la connaissance profonde de l’environnement médical (anatomie, biomatériaux, normes qualité…).

D’après Syntec-Ingénierie, près de 70 % des ingénieurs biomédicaux exercent dans l’industrie (fabricants de dispositifs médicaux, laboratoires), le reste dans les établissements de santé ou des sociétés de conseil (source : Syntec-Ingénierie). Les employeurs attendent donc une formation initiale solide, mêlant enseignement scientifique, savoir-faire médical et mise en situation professionnelle réelle.

Écoles d’ingénieurs : la voie privilégiée vers l’expertise biomédicale

La très grande majorité des professionnels du secteur biomédical provient d’écoles d’ingénieurs, le plus souvent habilitées par la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI). Plusieurs établissements proposent des formations généralistes (génie électrique, mécanique, informatique) avec une option ou spécialisation en biomédical ; d’autres ont une filière biomédicale complète.

Accès aux écoles d’ingénieurs : deux grandes portes d’entrée

  • Après une classe préparatoire scientifique (CPGE) : C’est la voie classique, suivie par 2 à 3 années de prépa (MPSI, PCSI, BCPST…) puis concours communs (CCINP, CentraleSupélec, e3a) pour intégrer une école d’ingénieur généraliste ou spécialisée.
  • Post-bac via concours spécifiques : Certains établissements proposent un accès direct après le baccalauréat scientifique (Forum Avenir, GEIPI Polytech, Advance…).

Exemples d’écoles d’ingénieurs avec filière biomédicale en France

École Formation proposée Durée Admission
UTC Compiègne Ingénieur Génie biologique – spécialité Ingénierie de la santé 3 ans (après bac+2) Concours CPGE, DUT, Licence
Polytech Paris-Saclay Ingénieur Technologies pour la santé 5 ans (post-bac) ou 3 ans (admission parallèle) Concours GEIPI Polytech, dossier, entretien
ESME Sudria Spécialisation Biomédical et Technologies pour la santé 5 ans (post-bac) Concours Advance, dossier, entretien
INSA Toulouse Génie biologique & santé 5 ans (post-bac) Dossier bac, entretien
École supérieure de biotechnologie de Strasbourg (ESBS) Ingénieur Biotechnologies appliquées à la santé 5 ans (post-bac) ou admission parallèle Concours Polytech, dossier

Ces écoles partagent toutes une immersion progressive dans le domaine : acquisitions fondamentales la première partie du cursus, puis spécialisation en technologies médicales et stages de 6 mois minimum en France ou à l’international.

Les cursus universitaires : licence et master spécialisés en génie biomédical

L’université offre aussi une voie solide pour s’orienter vers une carrière d’ingénieur en technologies médicales, même si la tradition reste plus portée sur la recherche que sur l’ingénierie. Certaines filières “Sciences pour la santé” ou “Génie biomédical” permettent une spécialisation progressive, souvent poursuivie après la licence par un master de haut niveau.

  • Licence Sciences pour la santé : Démarrage après le bac (parcours biologie, physique, mathématiques appliquées à la santé), souvent couplé à des stages et projets dans le secteur biomédical.
  • Master Génie biomédical : Accessible après une licence scientifique (souvent via sélection sur dossier + entretien), il ouvre la porte à des fonctions de R&D, d’encadrement de projet, d’innovation en santé.

Parmi les exemples : l’Université de Paris Cité propose un Master Génie Biomédical (notamment en partenariat avec l’AP-HP et l’industrie), ou encore la Faculté de Lyon 1 (Master métiers de l’ingénierie biomédicale), très orienté terrain et contacts avec l’écosystème medtech.

Cursus post-bac spécialisés : BUT, BTS, licences professionnelles

Il existe des formations accessibles directement après le bac, permettant de construire rapidement une première expertise. Ces cursus sont souvent utilisés comme tremplins vers des écoles d’ingénieurs ou une insertion professionnelle comme assistant ingénieur ou technicien supérieur :

  • BUT Génie biologique option ingénierie de la santé (ex-DUT) – 3 ans : très professionnalisant, avec stages obligatoires et débouchés immédiats en assistant-ingénierie, mais possibilité d’intégrer ensuite une école d’ingénieur.
  • BTS Bioanalyses et contrôles, Biotechnologies : orientés davantage vers les laboratoires, avec des passerelles possibles vers la licence professionnelle génie biomédical.
  • Licences professionnelles “Dispositifs médicaux”, “Technologies médicales” : forment en un an post-BTS/BUT à la conception, gestion, maintenance d’appareils de santé.

De nombreux étudiants de ces filières poursuivent leurs études vers des diplômes d’ingénieurs, qui restent le “gold standard” pour accéder à la responsabilité et l’innovation dans le secteur des medtechs.

Doubles diplômes : croiser ingénierie et santé

La tendance actuelle, très marquée chez les recruteurs, est à la multidisciplinarité. Plusieurs écoles et universités proposent des doubles cursus, permettant d’obtenir deux diplômes (médecine/ingénieur, pharmacie/ingénieur, management/biomédical). L’objectif : proposer des profils hybrides, à l’aise autant dans le dialogue avec les ingénieurs que les cliniciens, capables de piloter les projets complexes qui lient santé et innovation technique.

  • Exemple : ENSAM (Arts et Métiers) + Université Paris Descartes : double diplôme ingénieur & Master parcours technologie biomédicale.
  • La UTC Compiègne ou l’École des Ponts ParisTech développent ce type de passerelles.

Critères de sélection : quel profil pour intégrer une formation en ingénierie des technologies médicales ?

L’accès à ces filières est exigeant. Les critères les plus recherchés par les jurys sont :

  • Solide dossier scientifique (notes, options, classement au bac ou équivalent), en priorité maths, physique, SVT, informatique.
  • Projet personnel cohérent : motivation pour la santé, engagement associatif ou projets scientifiques, intérêt pour l’innovation technique.
  • Capacité à travailler en équipe et à mener des projets concrets (bons stages, implication dans des clubs science ou junior entreprise).
  • Parfois, épreuves spécifiques (tests de logique, tests de langue, entretiens de motivation avec professionnels du secteur).

Selon le rapport 2023 de l’Onisep, moins de 10 % des candidats accèdent directement à une filière ingénieur biomédical post-bac, la majorité passant par une prépa, un BUT ou des passerelles universitaires (source Onisep).

Stages, alternance et immersion professionnelle : une expérience recherchée

Le secteur des dispositifs médicaux (15 000 entreprises en France selon le SNITEM) se distingue par sa diversité, de la start-up à la multinationale. Tous les cursus intègrent désormais une expérience longue en entreprise, ainsi que, parfois, des périodes en milieu hospitalier. L’alternance, de plus en plus présente dans les cursus, permet d’acquérir les bons gestes et de confirmer le choix de ce secteur exigeant, tout en s’insérant rapidemment sur le marché.

  • Stages obligatoires de 3 à 6 mois en industrie, hôpital, service biomédical.
  • Alternance possible dès la deuxième ou troisième année (chez Polytech, INSA, UTC…), avec le statut d’apprenti ingénieur.
  • Projets tutorés avec industriels (Philips, Siemens Healthineers, start-up medtech…)

Statistiques, tendances et perspectives d’emploi

Devenir ingénieur en technologies médicales, c’est choisir un secteur en forte croissance. Selon le Ministère de l’Éducation nationale, la France diplôme chaque année environ 35 000 ingénieurs, dont moins de 5 % en ingénierie biomédicale, ce qui assure une insertion rapide (plus de 80 % en emploi 6 mois après la diplomation – sources : Syntec-Ingénierie, Onisep).

Avec l’explosion de la médecine personnalisée, de la télémédecine, de l’IA et des dispositifs portables intelligents, la demande pour ces ingénieurs ne faiblit pas. Leurs missions évoluent aussi : en 2024, la compétence en gestion de données de santé, cybersécurité médicale et interaction homme-machine figure parmi les plus recherchées (SNITEM).

  • Près de 2 000 créations de postes ingéniérie biomédicale/an en France (SNITEM, 2023).
  • 50 % trouvent leur premier emploi via le réseau ou les stages en entreprise (Enquête Insertion diplômés, Conférence des Grandes Écoles, 2022).
  • Les salaires d’entrée oscillent de 2 400 à 2 900 € net/mois, hors primes (source : Apec, Syntec-Ingénierie).

De multiples chemins vers l’innovation en santé

Qu’il s’agisse d’intégrer une école d’ingénieurs dès le bac, de passer par la prépa ou de construire son parcours à l’université, la France dispose d’une offre complète et exigeante pour se former en technologies médicales. La clé : multiplier les expériences, stages, rencontres avec le secteur, et choisir la voie qui permet de développer sa curiosité et son engagement pour la santé.

Entre compétences scientifiques, goût du travail en équipe et appétit pour l’innovation, le métier d’ingénieur en technologies médicales reste l’une des plus belles réponses aux défis de la médecine de demain.

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