En France, il n’existe pas de “voie royale”, mais des parcours recommandés. Ils ont cependant des points communs : un solide socle scientifique, un bagage réglementaire, et idéalement une expérience en industrie de la santé.
1. Les diplômes scientifiques : la porte d’entrée la plus fréquente
La majorité des professionnels actuels du secteur sont issus de filières scientifiques de niveau bac+5 ou plus :
- Master en sciences du vivant : biologie, biotechnologies, biochimie, microbiologie, génie biomédical. Ces masters apportent compréhension technique et vocabulaire scientifique, précieux pour dialoguer avec la R&D ou la production.
- Pharmacie : Les pharmaciens (Docteur en Pharmacie) sont particulièrement recherchés pour leur compréhension globale du médicament, du dispositif médical et de l’environnement réglementaire. La filière industrie pharmaceutique propose des approfondissements en affaires réglementaires dès le troisième cycle.
- Ingénierie biomédicale : Les ingénieurs diplômés d’écoles spécialisées (Polytech, UTC, INSERM, ESME Sudria, etc.) ou titulaires d’un Master II en ingénierie pour la santé peuvent prétendre à des postes à haute valeur technique, notamment sur les DM complexes et logiciels médicaux. Nombre d’ingénieurs complètent leur parcours par un DU ou un MSc réglementaire.
2. Masters et formations spécialisées en affaires réglementaires
Depuis une dizaine d'années, des formations universitaires et grandes écoles proposent des parcours focalisés sur le réglementaire. Parmi les plus appréciés des recruteurs :
| Diplôme |
Établissement(s) |
Niveau |
Particularités |
| Master 2 Affaires réglementaires des industries de santé |
Université Paris-Saclay, Université Paris Cité |
Bac+5 |
Couvre DM, dispositifs de diagnostic, pharma et biotechs |
| Master 2 Droit de la santé Parcours Technologie et Affaires réglementaires |
Université de Lille, Université de Strasbourg |
Bac+5 |
Accent mis sur la dimension juridique et éthique |
| DU (Diplôme Universitaire) Affaires réglementaires |
Université d’Angers, Lyon, Marseille... |
Complément post-master |
Spécialisation courte, très opérationnelle |
| MSc Management des Affaires réglementaires |
ESCP Business School, Ecole Supérieure de Biotechnologie de Strasbourg |
Bac+6 |
Axé sur management, conformité, gestion de projet |
Ces parcours offrent une solide actualisation sur les textes en vigueur (MDR, IVDR, FDA, etc.), et valorisent l’alternance, favorisant l’employabilité immédiate.
3. Filières Droit, Santé, Sciences Politiques et Management
Le secteur ne recrute pas uniquement des profils purement scientifiques. Certains postes en affaires réglementaires, notamment à l’interface avec les autorités ou sur des questions éthiques, s’ouvrent à :
- Juristes spécialisés en droit de la santé ou propriété intellectuelle, parfois titulaires d’un Master 2 en droit de la santé
- Titulaires de Masters en management de l’innovation en santé ou politiques publiques de santé
- Diplômés de Science Po avec spécialisation santé publique ou sécurité sanitaire
Ces profils, alliant veille réglementaire et coordination de projets, sont de plus en plus valorisés grâce à leur capacité à comprendre et “traduire” les textes pour les équipes opérationnelles.
4. Détail par niveau d’études : du Bac+3 au Bac+6
Le secteur des medtech est accessible à plusieurs niveaux :
- Bac+3/+4 : Certains postes d’assistant affaires réglementaires ou technicien documentation sont accessibles avec une Licence Pro (Biologie, Qualité, Droit, Ingénierie), surtout si une première expérience en stage est acquise.
- Bac+5/+6 : C’est le niveau privilégié pour évoluer vers chargé, manager ou directeur des affaires réglementaires – avec des perspectives de salaire et d’évolution nettement supérieures (Apec, "Affaires réglementaires, un métier de plus en plus stratégique", avril 2023).